Guide :

Comment se servir d’un fond vert pour l’incrustation ?

Utilisation d'un fond vert incrustation vidéo

Vous avez envie de vous lancer dans l’incrustation vidéo ?
Projet de reportage, chaîne Youtube, shooting commercial pour vos clients… Les idées ne manquent pas.

Mais avant d’acheter votre équipement, peut-être devriez-vous vérifier que vous avez tout pris en compte pour vous servir au mieux de votre fond vert.

Utiliser un fond vert adapté

Cela peut paraître tellement basique et logique, et pourtant…

La première astuce pour bien réussir ses vidéos d’incrustation est d’avoir à la base un fond vert correctement adapté.
C’est-à-dire question qualité, déjà : oubliez le kit complet à 50€ vendu sur Amazon et venant tout droit de Chine, livré tout froissé et tellement fin qu’on voit à travers.
Une bonne matière robuste, épaisse, sans plis et avec un vert bien homogène. Soit vous prenez un tissu coton épais et de bonne qualité, soit une matière comme le polyester ou le vinyle.

Mais aussi, pensez aux dimensions !
Si votre sujet déborde, il sera impossible de rattraper ça en post-production.

Donc commencez par bien mesurer la pièce ou l’espace dont vous avez besoin pour votre vidéo, et assurez-vous d’avoir le matériel adéquat.

Le pire, serait de dépenser des centaines d’euros, équiper votre studio, gérer votre installation puis vous rendre compte au premier essai de prise de vue que ça ne colle pas du tout.

Faites des tests au préalable avec des marqueurs (gaffeur par exemple), ou même des tissus, des draps, peu importe.
Puis quand vous êtes fixé, alors commandez votre matos.

 

Avoir de l’espace

Toile, trépieds, support, éclairages, caméra, perche pour le micro…

Vous l’aurez compris : pour réaliser une vidéo de qualité ou bien un beau shooting photo réussi, vous aurez besoin d’un minimum de matériel.
Et tout cet équipement prend de la place.

Surtout que selon la scène, votre ou vos personnages vont aussi avoir besoin de bouger et de bien se démarquer du reste du décor.

 

Eviter les plis et les ombres

La qualité de votre fond studio ainsi que le soin que vous y apporterez compte beaucoup.

Notamment pour éviter d’avoir des plis.
Lorsqu’il y a des plis (généralement sur du tissu), cela va créer des ombres et des variations de teinte et de contraste.

Or pour le logiciel de montage, plus il y a de disparités et plus il est difficile de bien traiter l’image.

Même si aujourd’hui il suffit de switcher entre deux ou trois réglages pour bien faire ressortir les plis et traces qui peuvent encore trainer à l’écran, vous gagnerez du temps si tout est clean et homogène dès le début.

C’est pour ça qu’un fond studio en polyester ou vinyle est plus qualitatif, car moins sujet aux déformations et aux plis.
Les tissus, surtout ceux qu’on trouve dans les kits à pas cher, sont difficiles à défroisser et ce même après un bon repassage.

 

Shooter avec et sans le fond

Pour faire votre incrustation, vous n’avez pas toujours besoin d’un décor complètement déjanté, futuriste ou tiré d’une vidéo au contexte totalement différent.

Si vous voulez voir votre personnage ou objet dans une position différente, mais dans le même environnement (exemple : en train de léviter dans le salon), alors shootez deux prises de la même façon : l’une avec le fond vert et l’autre sans.

 

Eloigner le sujet

Pour faciliter le traitement des images lors du montage et avoir un rendu de meilleure qualité, votre sujet doit se distinguer du mieux possible de votre fond vert.

L’une des principales raisons : la lumière !
Eh oui, encore et toujours. Car la vidéo comme la photo, c’est avant tout une question de lumière.

Si la personne filmée est collée au fond studio, même avec un super éclairage homogène, des softbox et du matos qui coûte la peau des fesses : il y aura des ombres portées.
Et ça, c’est crade. Ça peut ruiner tout votre travail, vraiment.

C’est pour ça qu’on commence par chercher un lieu où on a suffisamment d’espace.

Réarrangez l’ameublement et faites des essais pour disposer du plus de place possible.
La personne ou l’objet que vous filmez doit s’écarter du fond.
Ça ne veut pas dire qu’il faut être à 10m non plus, mais selon les configurations cela peut être au moins 2 ou 3 mètres.

Si vous tournez dans une chambre ou un petit bureau pour une chaîne Youtube, là il y a de grandes chances que vous soyez limité.
Essayer de gagner tout l’espace possible. Parfois, même 50cm en plus peuvent faire la différence.

 

Flouter le fond vert

Pourquoi flouter le fond vert pour votre incrustation ?

Parce que s’il est trop net, le moindre pli et la moindre variation d’ombre et de contraste va avoir tendance à persister.
Le traitement en post-production sera plus difficile et votre logiciel risque de laisser des traces, des plis de votre fond.

Aussi, lors du détourage automatique du personnage ou de l’objet filmé par rapport au fond, le résultat sera meilleur si le fond studio est flou.
La couleur sera plus homogène et se détachera mieux de votre sujet, surtout lorsqu’il s’agira de détails à peaufiner : les cheveux, les bords d’un vêtement…

Pour cela, le mieux est tout d’abord de s’éloigner comme on l’a vu dans le point précédent.

Ensuite, jouez avec votre objectif !
Là il vous faut apprendre un minimum de bases en photographie.

Si vous filmez ou photographiez avec une petite ouverture du diaphragme (F16 ; F22 …), vous aurez une grande profondeur de champ.
C’est-à-dire que même à grande distance, l’arrière-plan est davantage net.

A l’inverse avec une grande ouverture du diaphragme (F5 ; F3 voire même F2 si vous avez un très bon objectif), alors vous aurez une très faible profondeur de champ.
L’arrière-plan sera rapidement très flou.

Nous pourrions en parler pendant longtemps, car il y a d’autres critères et conditions à prendre en compte, et la maîtrise d’un objectif photo n’est pas toujours si évidente.
Mais là, vous avez les bases.

 

Bien éclairer le fond

Si vous n’avez que peu de moyens et de budget, soyez inventif et trouvez des alternatives.
Mais ne faites pas l’erreur de n’éclairer que votre sujet : pensez aussi au fond vert.

En effet s’il n’est pas suffisamment illuminé, et de façon homogène encore, alors vous aurez des zones d’ombres difficiles à traiter en post-production.
Votre logiciel de montage aura plus de mal à supprimer tous les pixels et l’incrustation sera compliquée, moche voire carrément dégueulasse.

On insiste également sur le côté « homogène », doux.
Mettez des softbox, des diffuseurs, des réflecteurs : ce que vous voulez mais surtout pas une lumière franche et brute.
La grosse tâche blanche surexposée au milieu et des ombres très dures autour, ça craint !

On vous recommande d’avoir au moins 2 sources de lumière, une de chaque côté.
Et pointées vers la face du fond vert, surtout pas placées pile à côté ou comme on a déjà pu le voir… derrière.

 

Faire attention à l’éclairage global

Une erreur très fréquente lorsqu’on débute avec la technique de l’intégration photo ou vidéo, est de mal gérer l’éclairage global de la scène.

Si vous soignez à fond l’éclairage de votre sujet, voire de quelques accessoires que vous ajoutez, que le fond vert est éclairé de façon homogène et suffisamment puissante… mais que vous ne pensez pas au décor qui sera incrusté : tout faux.

Il faut savoir AVANT de commencer à filmer quel décor sera incrusté.

S’il s’agit d’une vidéo tournée en plein de milieu de journée en été et en extérieur, avec une forte lumière du soleil venant pas au-dessus et des ombres très franches et brutes… vous pouvez évidemment adoucir l’ensemble avec des softbox, mais la lumière dans votre studio doit venir d’au-dessus et être puissante.
Si votre visage est éclairé de ¾ avec une tonalité orangée et douce, tel un coucher de soleil au printemps… ça ne colle pas !

Si le décor incrusté contient des jeux de lumières changeantes et d’ombres (par exemple, un arbre dont les branches bougent au-dessus du sujet) … pensez à ces ombres lors du tournage.

Sinon, le rendu est absolument exécrable et très bas de gamme.
Même un œil non averti repère immédiatement ce genre de défaut et le cerveau détecte un problème, une incohérence et rejette la scène.
Votre vidéo est fichue.

 

Etalonner et traiter le sujet et la scène

Bon, partons donc du principe que vous avez bien géré l’éclairage de votre sujet, pris en compte l’ambiance du décor etc.

Dans tous les cas, pour bien faire, il faudra étalonner et peaufiner les réglages en post-production.

Là pas de recette miracle : il va falloir apprendre à vous servir de votre logiciel de retouche ou de montage.
Première Pro ; Davinci ; Filmora ; OBS ; Photoshop… peu importe. Il n’y a pas une solution unique et vous trouverez plein de tutos en ligne (payants ou gratuits).

Retenez juste que le traitement de votre image, pour un rendu homogène et cohérent est indispensable pour avoir une vidéo de qualité.

 

Prenez vos marques

Enfin dernier conseil pour cette liste : pour vous démarquer, prenez vos marques !
(si si y a un sens…).

Avec du scotch, du gaffeur, des rubans adhésifs de couleurs ou toute autre technique.
Une fois que vous avez fait tous vos tests et trouvé le bon réglage de votre studio, marquez les emplacements et réglages : au sol, sur vos trépieds, sur le support, sur des murs…

Facilitez-vous la vie pour pouvoir reproduire votre enregistrement, tourner de nouvelles prises ou scènes et gagner du temps.
Rien de pire pour vous dégouter que de tout recommencer de zéro à chaque fois, ou faire vos vidéos et vous rendre compte au montage que c’était mal cadré, qu’il y a des éléments dans le champ etc.

Voilà, vous avez une première liste de conseils pour bien démarrer votre tournage et faire vos premiers essais avec votre tout nouveau fond vert 😊

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