Pourquoi vous devriez acheter des croquettes sans céréales ?

Chat qui mange des croquettes
Qui n’a jamais craqué devant la petite bouille d’un chiot ou d’un chaton ? Nous aimons la nature et nos amis les animaux, et forcément, on veut bien faire pour leur bien-être, leur donner des produits de qualité, bons pour leur santé. Combien d’entre nous ont donné des croquettes à leur chien ou chat sans étudier méticuleusement le contenu, les ingrédients ?

Un reportage de France 5

Comme beaucoup de personnes surement, dès lors qu’on commence vraiment à faire attention à son régime alimentaire, à ses habitudes de consommation, à limiter les déchets, les produits toxiques etc… on se met à creuser.

On est constamment à la recherche de nouvelles informations pour mieux choisir ses produits, mieux consommer, délaisser les marques qui nous mettent n’importe quoi dans l’assiette juste pour une question de gros sous.
Et… et qu’en est-il de notre si adorable animal de compagnie ?

Il y a déjà quelques années, un reportage de France 5 mettait en lumière de nombreuses pratiques qui laissent pantois, et surtout casse l’image de la qualité tant promise.

Mais ce n’est pas le seul reportage à mettre en exergue les déviances de ce marché.
L’UFC Que Choisir, ou encore l’émission de TV La Quotidienne ont déjà eux aussi réalisé des dossiers que la qualité des produits que l’on réserve à nos animaux de compagnie.

 

Le florissant business de la croquette

Pourquoi les fabricants et les vendeurs mettraient tant d’énergie à valoriser des croquettes à chien ou chat ?
Parce que ce marché est tout bonnement énorme.

810 000 tonnes de croquettes sont ainsi vendues rien qu’en France chaque année.

Les consommateurs qui achètent des produits pour leurs animaux dépensent en moyenne 7x plus que les autres : les distributeurs ont tout intérêt à les appâter et les séduire.

Les français dépensent en moyenne 800€ en nourriture par an pour un chien, et 500€ par an pour un chat.
Ce qui a représenté pour la France en 2016, un marché de quelques 3,4 milliards d’euros. Enorme, on vous l’a dit.

photo d'un chiot blanc dans un jardin

Derrière toutes ces croquettes, on retrouve surtout 2 grands groupes, qui se partagent à eux deux une quinzaine de marques.

 

Les nombreux problèmes des croquettes

De la croquette premium, de la qualité supérieure, du bio… des croquettes spéciales pour les vieux chats et chiens, ou pour les jeunes au contraire.
En réalité, pour beaucoup, il s’agit de produits de mauvaise qualité.

 

Les matières premières

Pour réduire les coûts de production des croquettes, les industriels vont utiliser de nombreuses matières premières différentes, mais toujours des sous-produits de l’alimentation humaine.

Le premier risque, c’est qu’avec les produits d’entrée de gamme, vous allez retrouver beaucoup d’os, de plumes broyées etc. Pas le top.

Aussi, on va retrouver beaucoup de céréales et peu de viande dans les croquettes premier prix, avec une tendance plutôt (pas toujours franche) inverse dans les marques plus chères.

 

La législation des 4%

Une croquette au saumon, à la truite ou au cabillaud ?
Eh bien celle-ci est surtout constituée de céréales, de bœuf ou de porc. En effet, la législation impose un taux de 4% de l’ingrédient mis en avant sur le packaging.

Il suffit de voir les interviews d’industriels du secteur pour s’apercevoir qu’un paquet de croquettes vendu pour un ingrédient donné, n’en contient souvent que 4%. Et c’est parfaitement légal.

Sans aller jusqu’à relever des fraudes ni problèmes de sécurité (car les limites sont très floues dans ce domaine), la DGCCRF avait déjà relevé des anomalie d’étiquetages et d’autres manquements, comme l’utilisation abusive de la mention « élaboré sous contrôle vétérinaire ».

 

Le problème des mycotoxines

Quand on écoute certains intervenants, y compris des vétérinaires interrogés, les produits seraient testés, sûrs pour la santé des animaux et extrêmement contrôlés.

Or là encore, le reportage de France 5 met en lumière une réalité… totalement contradictoire.

Il n’existe aucune norme ni loi en France pour régir la quantité de mycotoxines dans l’alimentation animale, tout juste des recommandations au niveau Européen.
Or, encore une fois en se basant sur le reportage de France 5, tous les paquets de croquettes analysés contiennent sans exception des mycotoxines.

Notamment, quasiment toutes les croquettes contenaient une mycotoxine appelée déoxynivalénol, pouvant être responsable de démangeaisons, affecter le système immunitaire…

Mais aussi la zéaralénone, une mycotoxine connue pour être un perturbateur endocrinien.
Chez une petite chienne ou une chatte, cela peut avoir des effets sur la reproduction de l’animal : chatons non viables, mal formés, difficultés à se reproduire…

Ou encore, des mycotoxines combinées au sein d’un même paquet de croquettes, pouvant affecter les reins : un véritable poison.

 

Le problème des céréales dans les croquettes

Beaucoup de croquettes sont donc constituées avec des céréales.

En quoi serait-ce tant un problème nous direz-vous ? Après tout, nous Humains varions bien notre alimentation et en consommons régulièrement : une alimentation riche et équilibrée, avec des fibres, des céréales, c’est bien non ?!

Le souci, c’est que notre chat ou notre chien lui, ce n’est pas ni un hipster ni un vegan.
Le steack de soja, la galette de maïs… très peu pour lui.

Surtout que les céréales apportent des glucides en grande quantité dans l’alimentation des chats et chiens.

 

Trop de glucides ?

Les céréales contiennent de l’amidon, qui libère des glucides. Beaucoup de glucides (c’est-à-dire du sucre).

Les chiens et les chats sont des carnivores : cela se voit très bien à leur dentition. Ils ont des canines acérées et pointues.
Or comme tous les animaux supérieurs et carnivores, ils n’ont pas besoin d’apport extérieur de glucides grâce à un procédé naturel : la néoglucogenèse.

La néoglucogenèse est une voie métabolique anabolique, qui se produit en permanence, et est la synthèse de glucose à partir de composés non-glucidiques, comme par exemple les acides aminés, dans le foie à partir du glycérol, à partir du lactate ou encore du pyruvate.

Les chats et chiens n’ont donc pas besoin de ces apports en glucides, mais en plus ils n’ont pas l’anatomie des herbivores, ils ne vont pas pouvoir digérer ces matières de la même façon.

Les glucides, c’est du sucre.
Ce qui peut conduire à du diabète et rendre les animaux obèses. D’après le reportage, 27% des chats et 40% des chiens sont obèses en France.

Autres problèmes possibles et réactions chez les animaux : dermatite, intolérance sur le long terme, allergies, diarrhées…

 

Toute croquette sans céréales est bonne alors ?

Ce n’est pas si simple, et comme partout malheureusement, des gens peu scrupuleux veulent leur part du gâteau.

Le véritable problème n’est pas la présence de céréales, mais d’amidon.
Avec la montée en flèche des propriétaires d’animaux qui cherchent des croquettes sans céréales, certains industriels ont créé des paquets qui mettent cela en avant. L’art du marketing.

Mais on retrouve alors de la pomme de terre, de la patate douce… qui contient de l’amidon.

Ce qu’il vous faut, si vous voulez donner des croquettes à votre chien ou votre chat, ce ne sont pas forcément des croquettes sans céréales, mais de bonnes croquettes.

 

Une bonne croquette

Une bonne croquette, c’est avant tout un bon mélange d’ingrédients et des valeurs nutritionnelles adaptées aux animaux.

gamelle de croquettes à chien

Les croquettes vont être composées de matières grasses, de protéines, de fibres (cellulose brute), de cendres (les minéraux), d’eau et de glucides.
Or très souvent, le taux de glucide est absent des étiquetages. Il faut déduire ce taux en calculant le total des autres ingrédients.

Pour commencer, le taux de cendres : ne dépassez pas les 10%.

Ensuite, on cherche surtout à avoir des croquettes riches en protéines animales. Ce détail est important, car vous pouvez avoir un paquet avec un taux élevé de protéines végétales, et non animales.
Visez au minimum 30% de protéines animales, 40% et plus si possible.

Surtout, cherchez à avoir un taux de glucides le plus bas possible.
40 ou 50% c’est tout bonnement énorme !

Bien entendu, si vous écoutez la FEDIAF qui défend les industriels de l’alimentation animale (un lobby), toutes les croquettes sont bonnes…
FEDIAF qui a produit le guide des bonnes pratiques d’étiquetage, qui ne mentionne pas les glucides.

 

Que faire alors ?

Ne paniquez pas, ne fulminez pas (trop) et surtout ne culpabilisez pas : vous n’êtes pas responsable d’avoir donné de la m… à votre chien ou votre chat.
Si on vous l’indiquait clairement sur les paquets, vous ne les auriez certainement pas achetés.

En revanche maintenant, renseignez-vous de façon plus approfondie, regardez la liste exacte des ingrédients, leur teneur, la qualité de la marque etc.

Variez l’alimentation de votre animal de compagnie et évitez de ne lui donner que des croquettes ou que de la pâtée.

 

Crédit photo : pixabay

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