Dans ma tête, il y a trop de miettes de Martinique. Il y a une toile d’araignée sur mon cœur, lequel n’en finit plus de rabougrir à force de chagriner d’amour.
Je suis cette fille mal-debout en elle-même. Je suis celle qui se met en marche, en marche arrière, en marche intérieure, en mode Martinique pour un grand ménage. Mais comment se débarrasser de l’écho de mots d’amour, de l’écho de photos de vacances et de volcans en berne ? Comment revenir au pays ?
En descendant un morne à pied, un jour de pluie ? En enfilant un tee-shirt rouge un jour de grève ? En savourant des bananes, en bouffant tous les hommes des yeux ? Et peu importe que ceux-ci comme celles-là soient pollués !
Je suis cette fille debout dos à vous, dans une expérience de pict-dub poetry, et j’ouvre en grand mon livre de comptes déréglés. Sur scène, 2 pages blanches s’allument. Bouts de films et photographies s’inscrivent sur l’une et l’autre. Face aux images allumées d’une Martinique personnelle, la fille à présent bien-debout va parler-parler-parler comme on frotte-frotte-frotte une culotte de grand-mère : sans ménagement.
distribution
de et par Véronique Kanor
